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Alors que les agents publics assurent, sans relâche, la continuité des services essentiels, les annonces du Premier ministre du 15 juillet ont résonné comme un coup de massue. Aucune mesure générale d’augmentation de salaire en 2026 (comme depuis deux ans déjà), pas de compensation des pertes de pouvoir d’achat en 2024 et 2025, suppression de deux jours fériés, 3 000 postes supprimés, non-remplacement d’un départ à la retraite sur trois… Ces décisions reflètent un mépris inacceptable pour l’engagement quotidien des agents, malgré déjà plusieurs années d’efforts imposés.
Au-delà de ces annonces, chacune et chacun de nous a bien compris que ce seront encore des pertes de pouvoir d’achat, de la dégradation des conditions de travail, de la pression constante sur les missions de service public, et un fort risque d’altération de la qualité de service aux usagers.
Face à cette injustice, la CFDT reste pleinement mobilisée. Elle porte ses revendications :
Fidèle à ses valeurs, la CFDT agit avec détermination pour une Fonction publique attractive, équitable et respectueuse de ses agents. Cela passe par un dialogue social sincère, des moyens à la hauteur des missions, et une reconnaissance concrète de l’engagement des agents.
Au cours de sa présentation du prochain budget, le 15 juillet, le Premier ministre a parlé des grandes orientations de son plan visant à stopper la progression de la dette d’ici à quatre ans. Ledit plan prévoit 43,8 milliards d’euros d’économies, essentiellement sur le dos des travailleurs et des retraités. C’est, en l’état, inacceptable pour la CFDT.
Réduire l’endettement de la France, qui dépasse aujourd’hui les 3 300 milliards d’euros (soit 114 % du PIB national) et passer progressivement d’un déficit public atteignant 5,6 % du PIB actuellement à un déficit de 2,8 % en 2029 : tel est l’objectif du plan présenté le 15 juillet par François Bayrou, sur un ton ostensiblement grave. Car pour tenir l’objectif d’un retour à l’équilibre d’ici à 2029, le Premier ministre – évoquant un État dont le « pronostic vital [est] engagé » – a annoncé la nécessité de réaliser 43,8 milliards d’économies dans le cadre du budget 2026.
Premières visées dans ce plan d’amaigrissement : les dépenses de l’État. « L’État ne devra pas dépenser plus », a annoncé le Premier ministre. Avant de détailler la recette : réduction du nombre de fonctionnaires (– 3 000 postes) et application de « la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite ». Des mesures qui ont fait bondir Marylise Léon : « Avancer cette mesure de non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois, c’est sous-entendre qu’un sur trois ne sert à rien ! C’est très violent. »
« Une nouvelle fois, la fonction publique et ses agents sont dans le viseur de Matignon. C’est un plan social qui ne dit pas son nom, renchérit Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques. C’est le retour du rabot et ses corollaires : dégradation des conditions de travail et risque de dégradation de la qualité des services aux usagers. »
À ces suppressions s’ajoute la menace d’une drastique réduction de la voilure pour les opérateurs et agences de l’État, piste déjà évoquée à la fin avril par la ministre des Comptes publics. Alors, suppression d’agences ? fusions de certaines d’entre elles ? Ces réorganisations pourraient se traduire par la suppression de plus d’un millier d’emplois. « La revue des missions est légitime mais elle doit se faire avec les femmes et les hommes concernés. Nous exigeons un dialogue social réel et approfondi », poursuit Mylène Jacquot. Les collectivités territoriales seront, elles aussi, mises à contribution à travers un effort demandé à hauteur de 5,3 milliards d’euros. Cette pression financière risque évidemment de se traduire par des réductions d’effectifs, principalement parmi les contractuels.
Autre mesure forte présentée par François Bayrou afin de « contenir les dépenses de l’État » : une année blanche. Soit le gel de toutes les dépenses (pensions, prestations, budgets des ministères, revalorisation des fonctionnaires), de manière à « ne pas dépenser davantage à l’euro près en 2026 ». Cette année blanche devrait permettre de réaliser une économie de 7,1 milliards d’euros. Seules exceptions : la charge de la dette, qui doit baisser, et le renfort annoncé au budget de la défense, justifié par le contexte de « basculement du monde » et « l’effort inédit de réarmement, dans lequel la France ne peut pas être absente ».
Tous les ministères seront donc mis au régime sec, « solidaires de cet effort collectif », selon les mots du Premier ministre, en permettant que « certains projets de loi de programmation soient décalés de quelques mois » et que le « lancement de grands projets coûteux programmés » soit reporté. Une perspective qui vient à contre-courant des besoins en investissements nécessaires, notamment en vue de soutenir la transition écologique et la relance industrielle. La CFDT a d’ailleurs clairement exprimé son opposition à l’instauration de l’année blanche, « qui pénalisera durement non seulement les plus précaires mais aussi les classes moyennes, les salariés du privé et les agents de la fonction publique ».
Finalement, si « la CFDT est pleinement consciente de la gravité de la situation budgétaire » et reconnaît la nécessité de consentir à des « efforts exceptionnels », elle martèle que « les mesures annoncées ne répondent en rien à ce défi ». Selon Marylise Léon, « le vrai problème, c’est le déficit de recettes. Or le Premier ministre a ressorti les vieilles recettes en coupant dans les dépenses. Depuis des années, on bricole, et là, on continue de bricoler. Il faut tout remettre à plat. C’est le sens de la conférence des finances publiques que demande la CFDT ». En tout état de cause, pour la secrétaire générale, ces annonces sont une « mise de jeu » qu’il conviendra de mettre en débat à la rentrée.
Également mis à contribution, le système de santé devrait être essoré à hauteur de 5 milliards d’euros. Les remèdes envisagés sont classiques, avec toujours la « responsabilisation du patient ». Trois annonces clés ont émaillé le discours du Premier ministre…
• Le doublement du plafond des franchises médicales, ces sommes restant à la charge des patients quand ils achètent des médicaments. Le Premier ministre a annoncé le passage du plafond annuel des franchises et des participations forfaitaires de 50 à 100 euros par an et par assuré.
• La révision de la politique concernant les affections de longue durée (qui touchent 13 millions de Français) et une sortie du régime quand l’état de santé de la personne ne justifie plus cette prise à charge à 100 %.
• Un contrôle plus strict des arrêts maladie pour « mettre fin à une dérive ».
Ces mesures hautement irritantes ne réinterrogent en rien les causes de cette hausse des arrêts maladie.