CSA Administration Centrale | Déclaration préalable du 16 septembre 2026

 

 

 

Déclaration préalable du 16 septembre 2026

 

Pouvoir d’achat, reconnaissance et conditions de travail : les agents publics ne peuvent plus être la variable d’ajustement

Alors que l’ensemble des organisations syndicales ont appelé à se mobiliser le 29 septembre prochain, la CFDT souhaite rappeler une réalité qui ne peut être ignorée : le pouvoir d’achat des agents publics s’est dégradé, alors même que leurs missions sont indispensables au fonctionnement de notre société.

Chaque jour, les fonctionnaires et agents publics assurent des missions essentielles : éduquer, soigner, protéger, accompagner, accueillir, rendre la justice, entretenir les infrastructures et faire vivre les services de l’État.

Derrière les statistiques et les tableaux budgétaires, il y a des femmes et des hommes qui exercent leur métier avec professionnalisme et engagement, et qui permettent à la collectivité de fonctionner au quotidien.

La question du pouvoir d’achat des agents publics ne peut donc pas être réduite à une simple question comptable.

Rémunérer correctement les agents publics, c’est aussi donner aux administrations les moyens de recruter, de fidéliser et de reconnaître leurs personnels. C’est enfin garantir la continuité et la qualité des services publics auxquels l’ensemble de la population est attaché.

Chaque euro consacré à la rémunération d’un agent public contribue à faire vivre des services indispensables à la population et participe, comme tout revenu du travail, à l’activité économique de notre pays.

Il est donc temps de sortir d’une logique dans laquelle les agents publics seraient systématiquement appelés à faire toujours davantage avec toujours moins de moyens.

Comme le rappelle Christelle Mazza : « Non, les fonctionnaires ne sont pas des salariés, des syndiqués ou des associations de trop-bien-payés qui avalent nos impôts. Il faut en revanche prêter attention à ce qu’ils tentent de préserver : liberté, égalité, fraternité. »

La reconnaissance de leur utilité sociale doit se traduire concrètement : dans les salaires, dans les carrières, dans les effectifs et dans les conditions de travail.

Au ministère de l’Intérieur : une perte d’attractivité qui doit être corrigée

Dans ce contexte globalement dégradé, la rémunération des personnels administratifs, techniques et des SIC du ministère de l’Intérieur a progressivement perdu de son attractivité, notamment au regard de celle proposée dans d’autres administrations qui ont fait évoluer les montants de l’IFSE et du CIA.

La CFDT alerte depuis plusieurs années sur ce décrochage. Elle a enfin été entendue, puisque de nouvelles mesures ont été inscrites dans le PLF 2027. Si ces avancées vont dans le bon sens, elles restent néanmoins insuffisantes au regard du retard accumulé et des enjeux d’attractivité et de fidélisation des personnels.

La souffrance au travail : une urgence qui ne peut plus être ignorée

La prise en compte de la souffrance psychique au travail dans la fonction publique constitue également un enjeu majeur.

L’augmentation de la charge de travail, conjuguée à la baisse des effectifs, la perte de sens liée à des organisations déficientes, la prépondérance d’une approche strictement budgétaire au détriment de l’humain, le manque de reconnaissance, le sentiment de mépris, la montée des égoïsmes, la transformation profonde des modes de management ou encore l’insuffisance des dispositifs de prévention et d’alerte constituent autant de facteurs susceptibles de favoriser la souffrance au travail.

Le rapport de la mission d’information sénatoriale publié en juillet 2026 sur la souffrance au travail s’est d’ailleurs longuement penché sur la situation dans le secteur public. Il appelle notamment à « ne pas faire l’impasse sur l’épuisement professionnel dans la fonction publique » et souligne la persistance d’une culture de la prévention encore trop faible.

Les travaux de cette mission ont également mis en évidence les difficultés persistantes en matière d’accès à la médecine du travail et de prévention des risques psychosociaux.

 

Ces constats doivent nous conduire à changer de regard et, surtout, à changer de méthode. La prévention ne peut pas être réduite à des dispositifs formels ou à des obligations administratives. Elle doit devenir une véritable priorité de politique publique et de management.

Prévenir la souffrance au travail, c’est d’abord agir sur ses causes : la charge de travail, les effectifs, l’organisation, les conditions d’exercice des missions, la reconnaissance et la qualité du management.

La CFDT continuera donc à porter ces revendications avec une conviction simple : il n’y a pas de service public de qualité sans agents publics reconnus, correctement rémunérés et protégés dans l’exercice de leurs missions.

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