Communiqué des Organisations Syndicales des IRA | Création d’un Groupement des Instituts du Service Public (GISP)

Communiqué de presse des organisations syndicales représentatives au sein des Instituts Régionaux d’Administration, suite à un CSA qui s’est tenu le 15 décembre 2025.

En résumé :

Les représentants du personnel des cinq Instituts régionaux d’administration (IRA) ont voté à l’unanimité contre le projet de création du Groupement des Instituts du Service Public (GISP), prévu au 1er janvier 2026.

Présentée comme une réforme « fédérative» et sans impact sur les équipes, la fusion voulue par le ministre de la Fonction publique, Laurent Marcangeli, suscite aujourd’hui inquiétude et rejet unanime. Les documents transmis au Comité social d’administration (CSA) font apparaître une restructuration marquée par une centralisation du réseau, avec la création d’un siège à Lille et d’un nouvel institut à Nanterre, le tout à effectifs constants, c’est‑à‑dire prélevés sur les équipes des IRA existants.

Ils dénoncent un dialogue social en trompe‑l’œil : textes diffusés tardivement, réponses floues, décisions annoncées avant toute consultation.

 

Les syndicats CFDT, UNSA, et CGT demandent le report du projet, afin :

  • de mener une véritable concertation avec l’ensemble des agents et leurs représentants ;
  • de garantir un déploiement maîtrisé, disposant du temps et des moyens nécessaires ;
  • et de réaffirmer le rôle central de la formation initiale et continue au sein du futur établissement.

 

Ils rappellent que les formations dispensées par les IRA sont largement reconnues et qu’une réforme durable ne peut se faire sans les personnels.

 

COMMUNIǪUE DE PRESSE

Suite au Comité Social d’administration commun (CSA) des IRA qui s’est tenu le 15 décembre 2026 et qui a vu les représentants des personnels voter à l’unanimité contre le projet de décret de création du Groupement des Instituts de Service Public au 1er janvier 2026, nous vous invitons à prendre connaissance de ce communiqué commun des organisations syndicales  la CFDT, UNSA, et CGT.

Inquiétudes majeures des personnels

Le projet de fusion des cinq IRA dans un établissement public unique, annoncé par Laurent Marcangeli, ministre chargé de la fonction publique en juin dernier, était censé être « fédératif » et sans impact sur les équipes. Il se traduit désormais par une remise en cause profonde de l’organisation actuelle et des missions des instituts. Les documents présentés en CSA évoquent une perte de missions pour les IRA, une centralisation accrue, la création d’un siège renforcé et d’un institut à Nanterre, avec des effectifs prélevés sur les IRA existants.

Les agents sont plongés dans une incertitude forte quant à leur avenir professionnel, avec la perspective de réductions d’effectifs, de mobilités fonctionnelles voire géographiques imposées et d’une refonte de la gouvernance éloignant le réseau du modèle de proximité qui fait sa force. Alors qu’il était affirmé mi-2025 qu’il n’y aurait « pas d’impact RH » et que d’éventuels ajustements d’effectifs seraient lissés dans le temps, ces engagements apparaissent aujourd’hui largement remis en cause.

Une gestion RH anxiogène de la fusion

Sur le plan RH, la création d’un siège central et le renforcement du site de Nanterre se feraient « au mieux à effectifs constants », ce qui signifie concrètement que les postes nécessaires seront prélevés sur les équipes des IRA actuels, sans visibilité sur le nombre exact d’équivalent temps plein (ETP) concernés. Cette perspective alimente la crainte de suppressions de postes dans les instituts, de dévitalisation des équipes locales et, à terme, de fermeture de certaines missions ou implantations historiques des IRA (le projet de décret prévoit d’ailleurs que la création ou la suppression d’un institut pourra se faire par décret simple, sans passer par le Conseil d’Etat).

Les personnels dénoncent également l’absence de garanties claires sur le maintien des contrats et détachements, la pérennité des fonctions support et pédagogiques dans chaque institut, et la préservation de l’autonomie pédagogique, pourtant gage de la qualité reconnue des formations initiales et continues. Ils rappellent que la précédente réforme de la formation, imposée contre l’avis unanime des représentants des personnels en 2019, s’est traduite par des dysfonctionnements majeurs ayant conduit à un rétropédalage partiel dès 2024.

Une concertation contestée

Contrairement au discours officiel qui met en avant un « dialogue social nourri », les représentants des personnels constatent un processus de concertation largement dégradé. Les CSA communs sont réunis à répétition, mais les textes structurants (projet de décret, scénarios d’organisation, impacts RH) sont transmis tardivement, parfois après des annonces publiques faites à la presse, et sans que les interrogations des agents ne reçoivent de réponses précises.

Les instances locales des IRA ne sont ni véritablement associées, ni consultées sur un projet qui acterait la disparition juridique des établissements actuels. Cette méthode accroît le sentiment de défiance et donne l’image d’une réforme déjà ficelée, où la concertation se limite à une présentation a posteriori de décisions prises sans les personnels.

Une remise en cause injustifiée des IRA

Selon la DGAFP, le projet serait en partie justifié par une prétendue insatisfaction des employeurs publics vis-à-vis de la formation initiale délivrée par les IRA, alors même que les formations, initiales comme continues, sont reconnues par les partenaires institutionnels et les stagiaires. Les agents vivent cette mise en cause comme une remise en question injustifiée de leurs compétences et de leur engagement, utilisée comme prétexte à une restructuration conduite de manière précipitée.

Les personnels rappellent que le rapprochement des IRA pourrait être l’occasion de renforcer le réseau, d’améliorer encore l’outil de formation interministériel et de rationaliser la dépense publique, à condition de s’appuyer sur les équipes, leurs idées et leur expertise. En tournant le dos à cette logique, le projet actuel fait courir un risque sérieux à la qualité de la formation des attachés et des agents de l’État.

Ce que demandent les personnels

Les personnels des IRA demandent d’abord le report de la fusion afin de permettre une véritable concertation avec l’ensemble des agents et de leurs représentants, sur la base de textes stabilisés et d’études d’impact partagées. Ils exigent des garanties écrites sur l’absence de suppression de postes dans les IRA, le maintien des missions et de l’ancrage territorial des instituts, ainsi que la préservation de leur autonomie pédagogique.

À défaut d’un abandon du projet dans sa forme actuelle, ils demandent le temps et les moyens nécessaires pour un déploiement maîtrisé, et la réaffirmation du rôle central de la formation initiale et continue dans le futur établissement. Fidèles à leur mission de service public et à la qualité des formations qu’ils organisent, les personnels des IRA entendent défendre un projet qui renforce réellement les instituts, au lieu d’en affaiblir les équipes et d’en fragiliser les missions.

Les représentants des personnels ont exprimé hier l’ensemble de ces points à travers notamment une déclaration liminaire commune et une motion signée par une très large majorité des personnels des 5 instituts.

Pour la CFDT Ira, Cécile MARǪUET Pour la CGT Ira, Eric BUTOT

Bastia, Lille, Lyon, Nantes, Metz le 16/12/2025

Pour l’UNSA Ira, Henri FLACH