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Les prochains états généraux de la fonc­tion publique doivent porter “sur les attentes des usagers en matière de mis­sions et d’accessibilité des ser­vices” plutôt que sur l’avenir du statut, estime dans un entre­tien à Acteurs publics la secré­taire générale de la CFDT Fonc­tions publiques, Mylène Jacquot. Con­cer­nant la réforme de la con­tri­bu­tion sociale général­isée (CSG), elle rap­pelle la promesse faite par Emmanuel Macron pen­dant la cam­pagne sur l’augmentation du pou­voir d’achat des fonctionnaires.

Com­ment jugez-​vous les pre­miers mois du gou­verne­ment, dans sa poli­tique à l’égard des fonc­tion­naires ?
Il est cer­tain que les pre­mières annonces du gou­verne­ment (gel de la valeur du point, rétab­lisse­ment du jour de carence) sus­ci­tent de vives inquié­tudes tant sur le fond que sur la forme. C’est la rai­son pour laque­lle nous avions immé­di­ate­ment réagi, appelant le min­istre à respecter les agents et leurs représen­tants. Nous avons déjà été par­tielle­ment enten­dus : l’agenda social répond en tout cas à l’une de nos deman­des qui était de con­stru­ire un agenda social à la hau­teur des enjeux. Main­tenant, nous serons vig­i­lants sur les con­tenus, notam­ment sur la ques­tion salar­i­ale, sur la prise en compte de l’expression des agents sur leur tra­vail, ainsi que sur l’organisation des États généraux. Quoi qu’il en soit, nous tra­vail­lons à l’établissement du rap­port de force, en allant à la ren­con­tre des agents, sur la base, notam­ment, de notre carte-​pétition, qui rap­pelle nos prin­ci­pales revendications.

Le gou­verne­ment s’est engagé à ce que la hausse de la con­tri­bu­tion sociale général­isée (CSG) ne soit pas syn­onyme de baisse de pou­voir d’achat pour les fonc­tion­naires. Attendez-​vous des réponses con­crètes du min­istre [de l’Action et des Comptes publics, ndlr] Gérald Dar­manin lors de la réu­nion du groupe de tra­vail sur le sujet le 13 sep­tem­bre ?
Nous rap­pellerons au min­istre les pro­pos adressés par le can­di­dat Emmanuel Macron aux agents publics dans le cadre de sa cam­pagne prési­den­tielle : “J’augmenterai votre pou­voir d’achat, comme celui des salariés des entre­prises : vous paierez moins de coti­sa­tions et votre salaire net sera aug­menté d’autant.” La réu­nion du 13 est claire­ment annon­cée comme devant être con­sacrée à des échanges. Nous nous exprimerons sur nos attentes, nous fer­ons des propo­si­tions, mais nous n’attendons pas de réponse avant le 10 octo­bre, date du rendez-​vous salar­ial. Et le pou­voir d’achat des agents ne peut se résumer à un seul de ses paramètres, quel qu’il soit.

Qu’attendez-vous, juste­ment, du rendez-​vous salar­ial du 10 octo­bre, alors que le gou­verne­ment a annoncé qu’il n’y aurait pas de hausse général­isée du point d’indice ?
Le gou­verne­ment a d’ores et déjà fait des choix qui impacteront néga­tive­ment les rémunéra­tions. D’une part, nous espérons que le rap­port de force influ­encera quelques arbi­trages, dont le respect du cal­en­drier PPCR [par­cours pro­fes­sion­nels, car­rières et rémunéra­tions, ndlr] ou encore la mise en œuvre de la Gipa [garantie indi­vidu­elle de pou­voir d’achat, ndlr], par exem­ple. D’autre part, la CFDT attend que le gou­verne­ment ouvre de nou­velles per­spec­tives d’accord tri­en­nal, aux­quelles il con­vien­dra de tra­vailler sans tarder.

Qu’attendez-vous des états généraux sur l’avenir de la fonc­tion publique, dont la réflex­ion sera lancée le 7 sep­tem­bre lors d’un groupe de tra­vail ? Redoutez-​vous notam­ment une mise en cause du statut ?
Si le gou­verne­ment rame­nait les débats des prochaines semaines au statut, ce serait indé­cent et com­plète­ment à côté des enjeux. Les états généraux doivent porter sur les attentes des usagers en matière de mis­sions et d’accessibilité des ser­vices notam­ment. Plutôt que de par­ler du statut, il est grand temps de par­ler du tra­vail des agents, de son con­tenu, de son organ­i­sa­tion, de ses apports à la richesse du pays, à l’activité économique et à la cohé­sion sociale. Et la ques­tion sera aussi posée des moyens néces­saires à l’exercice des mis­sions des agents publics.

Que pensez-​vous de la décor­réla­tion du point d’indice entre les 3 ver­sants de la fonc­tion publique souhaitée par le gou­verne­ment ?
Pour la CFDT, c’est une très mau­vaise idée qui ne répond ni à une attente des agents ni même à une attente des employeurs. Leur expres­sion en ce sens a été claire.

Pensez-​vous que le cal­en­drier “PPCR” sera tenu, alors que Gérald Dar­manin s’est inquiété de ce qu’il n’aurait pas été budgétisé ?
Pour l’instant, nous avons de très fortes inquié­tudes. Seuls ou avec les autres sig­nataires, nous nous sommes exprimés pour rap­peler au gou­verne­ment l’ensemble des ter­mes du pro­to­cole PPCR, dont le cal­en­drier est un élé­ment non nég­lige­able. Mais nous n’avons pas de réponse à ce jour.

Com­ment préparez-​vous les élec­tions pro­fes­sion­nelles de décem­bre 2018 ? Com­ment doper la par­tic­i­pa­tion, notam­ment des plus jeunes fonc­tion­naires ?
Pour l’instant, la pré­pa­ra­tion devient opéra­tionnelle sur la base à la fois du bilan de 2014 et des nou­velles règles de représen­ta­tion équili­brée entre agents femmes et hommes. Les admin­is­tra­tions et les équipes devront aussi tenir compte du nou­veau cal­en­drier des opéra­tions. C’est toute la CFDT et ses fédéra­tions qui sont mobil­isées en vue de cette échéance élec­torale. Le taux de par­tic­i­pa­tion est effec­tive­ment l’un des enjeux. On ne peut pas se réfugier der­rière telle ou telle modal­ité de scrutin : vote à l’urne ou vote élec­tron­ique, les deux ont leurs avan­tages et leurs incon­vénients. C’est aussi aux employeurs publics de pren­dre leur part dans la réus­site de la mobil­i­sa­tion des électeurs en décem­bre 2018. Pour notre part, nous con­tin­uons d’être à l’écoute des attentes des agents, et des évo­lu­tions de ces attentes. Les organ­i­sa­tions syn­di­cales sont devant un fort enjeu de renou­veau généra­tionnel. Les out­ils tra­di­tion­nels doivent s’enrichir de nou­veaux sup­ports, tout comme nos reven­di­ca­tions s’enrichissent de la parole des plus jeunes.

Les con­di­tions de vie au tra­vail et la préven­tion de l’inaptitude sont des enjeux qui fig­urent au menu de l’agenda social. Quelles sont vos propo­si­tions ?
Avant de faire des propo­si­tions, nous voulons peser pour voir retenus un cer­tain nom­bre de sujets relat­ifs à la “vie au tra­vail”, parmi lesquels le droit à la décon­nex­ion, le télé­tra­vail, la mise en œuvre d’espaces d’expression pour les agents sur leur tra­vail, la for­ma­tion et l’appui aux cadres de prox­im­ité en clar­i­fi­ant leurs marges de manœu­vre, et le compte de préven­tion de la péni­bil­ité. Car il faudrait pour­suivre le tra­vail sur la préven­tion de l’inaptitude et l’organisation des instances médi­cales – source, par­fois, de sit­u­a­tions dra­ma­tiques pour des agents déjà touchés par la mal­adie. Enfin, nous souhaitons qu’un bilan soit fait des dis­po­si­tions con­tenues dans le titre 2 de l’ordonnance 201753 : accès au temps par­tiel thérapeu­tique, pré­pa­ra­tion au reclasse­ment (en lien avec le tra­vail sur le compte per­son­nel de for­ma­tion), imputabil­ité des acci­dents de service…

La for­ma­tion pro­fes­sion­nelle et le développe­ment des com­pé­tences et des par­cours pro­fes­sion­nels sont égale­ment à l’agenda social, avec un groupe de tra­vail relatif à la mise en place du compte per­son­nel de for­ma­tion dans les 3 ver­sants. Un “schéma directeur” sur la for­ma­tion ini­tiale et la for­ma­tion con­tinue doit être présenté dans les prochaines semaines. Quelles sont vos attentes ?
Avant tout, nous sommes sat­is­faits de voir que le compte per­son­nel d’activité (CPA) n’est pas oublié. Nous salu­ons aussi la qual­ité du dia­logue qui pré­vaut sur la mise en œuvre du compte per­son­nel de for­ma­tion (CPF). Nous nous exprimerons le moment venu sur les doc­u­ments qui nous seront présen­tés. Mais nous rap­pelons aux employeurs que le CPF, c’est avant tout un outil des­tiné aux agents, à leurs pro­jets per­son­nels et pro­fes­sion­nels. Même si le finance­ment exige un dia­logue appro­fondi et serein entre agents et employeurs.

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